Ce que 1500 entrevues dans les médias m’ont appris
- Stéphane Lacroix

- il y a 20 heures
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Les gens ont un peu de mal à me croire lorsque j’affirme avoir donné plus de 1 500 entrevues aux médias dans ma carrière. Et il s’agit d’une estimation conservatrice. Dans ma précédente vie professionnelle, les raisons de leur parler ne manquaient pas : négociations, grèves, lockouts, débats publics, campagnes de lobbying.
N’en demeure pas moins que j’ai appris beaucoup de choses sur les médias à force d’interagir régulièrement avec les journalistes. Voici ce que j’en retiens.
Les médias sont des entreprises
Pour survivre, ils doivent faire de l’argent. Pour faire de l’argent, ils doivent avoir un lectorat. Et pour avoir un lectorat, ils doivent parler de sujets qui intéressent la population.
Les caprices n’ont pas leur place
On m’a raconté récemment qu’une porte-parole d’une organisation bien en vue ne faisait que des entrevues par courriel pendant les heures de bureau. Résultat : son organisation est invisible sur la place publique et, quand on parle d’elle, ce n’est pas très positif.
Ils ne vous doivent rien
Faire entendre sa voix dans les médias n’est pas un droit : c’est un rapport de force. Les organisations qui ne comprennent pas ce principe de base sont invisibles sur la place publique.
Ne le prenez pas personnel
Le travail principal des journalistes est de produire des reportages, pas de répondre à vos courriels. Faites preuve de patience ou, mieux, travaillez vos pitchs pour susciter l’intérêt.
Ne manquez pas votre chance
Les journalistes ne rappellent pas souvent. Acceptez de leur parler lorsque le téléphone sonne ou que votre boîte de courriel accueille un message de leur part.
Des alternatives existent
Le publireportage est une option, mais vous devrez délier les cordons de la bourse. Les hebdomadaires sont souvent à la recherche de contenu ancré dans les réalités locales. Par ailleurs, des journalistes indépendant-es sont moins à cheval sur les lignes éditoriales. Ce sont trois moyens pour faire rayonner votre organisation.
Vous avez le droit de les défier
Les journalistes connaissent rarement un sujet autant que vous. Soyez humble, mais ramenez-les à l’ordre si ce qu’ils avancent ne tient pas la route.
Les salles de nouvelles sont de plus en plus petites
Des centaines de journalistes ont perdu leur emploi dans la dernière décennie. Des dizaines de médias ont disparu. Les journalistes sont souvent débordés et couvrent plus de sujets qu’avant — ce qui a pour conséquence perverse qu’ils sont moins en mesure de prendre une distance par rapport à l’objet de leur reportage.
Faites vos devoirs
On ne parle pas des mêmes sujets, de la même manière, aux lectorats du Devoir et du Journal de Montréal. Apprenez à connaître les publics des différents médias.
Stéphane Lacroix aide les organisations à décoder les enjeux, à affirmer leur voix et à prendre leur place dans les débats publics.
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